La piste

Hexplorations ludiques & monologues sur l'imaginaire

Fatherfog

Bonjour tout le monde !

Quoi de mieux qu'un article sur un jeu de folk horror pour la période de Halloween ! Aujourd'hui je vous parle du nouveau jeu de Tuesday Knight Games. Allumez votre plus belle lanterne, enfilez votre cape la plus chaude et engouffrez-vous dans le Fog. 🎃👻

Présentation

Fatherfog Cover

Tout d'abord faisons les présentations. Fatherfog est un nouveau jeu publié par la maison d'édition de Mothership. À l'heure où j'écris ces lignes le livre de règles est disponible en Zero Edition gratuitement sur le site de TKG. Le jeu se base sur le Panic Engine de Mothership tout en l'adaptant à son ambiance de folk horror.

Un Warden dans le Fog

Il est compliqué pour moi de donner mon avis sur Fatherfog sans le comparer à Mothership qui est de loin le système que j'ai le plus exploré ces dernières années en tant que Warden et auteur. Mes retours parleront surtout à celles et ceux qui ont déjà joué à Mothership ou lu les règles du grand frère spatial. J'ai fait jouer Fatherfog deux fois durant les quatre derniers mois. D'abord un scénario fait maison puis dans Into the Fog que m'a offert le fabuleux Chris Airiau. Les tables étaient composées de néophytes du Panic Engine et de vétérans du système de Mothership.

Soyons honnêtes : je suis parti avec un a priori sur le jeu avant même de l'avoir lu. Notamment parce que Ruination Pilgrimage, une autre proposition fantasy (plus gothique, au final), ne m'avait pas convaincu côté univers. J'ai donc laissé passer un peu de temps avant de céder aux messages de plus en plus enthousiastes de la communauté vis-à-vis du jeu.

Mothership, mais avec des arbres ?

Hope à la place du Stress

Fatherfog est donc un "système OSR roll-under d100" avec 6 caractéristiques représentant à la fois ce que les personnages peuvent tenter de faire mais aussi des scores pour réagir aux challenges de l'environnement et de la meneuse. La première modification par rapport à Mothership est la disparition de la ressource de Stress au profit de celle de Hope. Mécanique principale du Panic Engine, le Stress laisse place à une idée maligne qui propose un fonctionnement décrémental et une remise au niveau maximum quand un personnage loupe son jet de Hope. L'utilisation d'une ressource commençant avec un score à 100 permet de ne pas devoir changer de dé. C'est tout bête mais ça fluidifie un peu la table. De plus la table aléatoire des conditions secrètes est un peu plus fournie que celle de base de Mothership pour les "panic check" et ça aussi c'est toujours bon à prendre !

Archétypes et progression

Les archétypes sont eux aussi de la partie. On en compte quatre et ils sont des parallèles évidents aux classes de Mothership. Même l'Androïde a réussi à être brillamment intégré/adapté en une classe qui vient renforcer le lore du jeu. Les Strangers sont des êtres (supposément) humains venant du brouillard, qui ne comprennent pas vraiment comment iels en sont sorti·es mais qui ressentent une étrange attirance pour le Fog. On se retrouve donc en terre connue durant la création de perso, avec en plus une agréable surprise : les Trauma Responses, sobrement renommés Class Traits, ne sont plus majoritairement punitifs et permettent carrément de faire évoluer son perso plus vite ! Comment ça, me direz-vous ? Grâce à la nouvelle mécanique des Skill Points ! Plus besoin d'attendre des années de downtime entre vos aventures, les personnages peuvent apprendre de nouvelles compétences en pleine partie ou presque. En effet, en dépensant 5 de ces points et en passant une bonne nuit de sommeil (via un nouveau système concernant les Rests que je n'ai pas encore eu la chance d'essayer) un personnage peut directement ajouter une compétence à celles déjà apprises.

Un dé, deux lectures

De plus Fatherfog ajoute un sous-système malin permettant de fluidifier la mise à jour des ressources (PV, Hope points, etc.). Le Bit system est d'une simplicité folle et pourtant s'intègre très bien dans le moteur. Il permet d'utiliser le digit représentant les unités comme modificateur de ressource. Ainsi en combat si votre personnage réussit son jet de WILL avec un score de 32, l'ennemi recevra 2 dégâts. De la même manière un jet de MIND loupé avec un score de 90 ne fera perdre aucun point de Hope. Cela ajoute un petit frisson où même une réussite ou un échec peuvent se traduire mécaniquement par le même résultat.

La mort n'est plus définitive

Autre gros changement par rapport à Mothership : on peut maintenant réchapper de la mort. En effet, loin d'être totalement définitif le classique Death Save vient s'agrémenter d'une table aléatoire conséquente où survivre à une rencontre avec la Mort (tadam du lore caché) peut être doublement positif. Un twist bien sympathique, qui donne encore plus de saveur aux personnages qui s'en sortent. La très célèbre Ginny Di a même sorti une vidéo afin de promouvoir l'idée pour d'autres jeux ! Pour ma part je trouve l'idée géniale : elle encourage l'audace. C'est un bon outil dans les systèmes OSR où presque toutes les rencontres peuvent être létales.

Le Legacy Artifact

Dernier changement, et sans doute le plus marquant : le Legacy Artifact. Cet objet (magique la plupart du temps) est à tirer aléatoirement avec votre premier personnage. Le pari assez osé des auteurs a été de le lier non pas au personnage mais aux joueureuses. En effet l'artéfact est censé se transmettre d'une manière ou d'une autre à vos personnages lorsque le premier meurt pour de bon. Pour le moment n'ayant fait que des One-Shots il m'est difficile de voir à quel point cela peut générer de la narration mais sur le papier je trouve ça très intéressant et j'imagine facilement des scénarios de chasse à l'artéfact.

Verdict : on y retourne

C'est top. C'est une vraie réussite de bout en bout qui exploite à fond le Panic Engine en lui apportant des modifications intéressantes que je réutiliserai même peut-être dans Mothership ou dans d'autres jeux. De plus le système et le lore se complètent de façon maligne en disséminant des informations tout en laissant la table et les auteurices indés s'approprier l'univers et ses enjeux. Aux tables que j'ai eu la chance de faire jouer tout le monde semble avoir apprécié la proposition quel que soit le niveau de connaissances vis-à-vis du système de base. Je le conseille aussi bien aux fans de Mothership qu'aux personnes que la SF rebute mais qui voudraient profiter d'une expérience de jeu aussi oppressante et jouissive que le matériel de base. J'espère vous avoir donné envie de tester Fatherfog et pourquoi pas avec le tout premier module officiel Into the Fog, que j'ai fait jouer et dont je ferai la review sur ce blog dans quelque temps !